Le corps ne dysfonctionne pas, il communique

Une nuque bloquée. Une fatigue que le sommeil ne répare plus. Une douleur qui revient, toujours au même endroit, sans explication médicale claire. Et si votre corps n’était pas en train de vous trahir, mais d’essayer, désespérément, de vous dire quelque chose que vous n’avez pas encore pu entendre ?

Le corps ne dysfonctionne pas, il communique

Par Christine Zeppenfeld — Thérapeute systémicienne & hypnose

Nous apprenons très tôt à séparer la tête du corps. La tête commande, le corps exécute. La tête raisonne, le corps souffre. Et quand le corps souffre sans raison apparente, nous le faisons taire avec un médicament, une séance de kiné, une bonne nuit de sommeil.

Mais parfois, le corps ne se tait pas. Il insiste. Il revient. Il s’impose. Parce qu’il est, en réalité, le porte-parole de tout ce que nous n’avons pas pu, pas su, pas osé mettre en mots.

Il y a en chacun de nous deux systèmes qui coexistent et, souvent, s’affrontent. D’un côté, ce que j’appellerai la tête : les injonctions intériorisées, les croyances, ce que nous « devons » faire, ce qui est raisonnable, ce que l’on attend de nous. De l’autre, le corps : les besoins profonds, les émotions brutes, ce dont nous avons besoin physiquement et pas seulement pour fonctionner.

Pensez à l’envie d’éternuer. Ou à celle de faire pipi au milieu d’une réunion importante. La tête dit : « non, pas maintenant, tiens encore un peu. » Et le corps ? Le corps, lui, finit toujours par avoir le dernier mot. Pas par caprice, mais par nécessité. Parce que nous ne pouvons pas retenir indéfiniment ce que le corps cherche à libérer.

Nos douleurs, nos blocages, nos effondrements fonctionnent de la même façon. Nous retenons. Nous gérons. Nous repoussons. Jusqu’au moment où le corps décide, seul, de lâcher.

Le corps commence à parler quand les mots n’ont plus d’espace pour être dits.

Mon corps m’a arrêtée à un moment où c’était nécessaire

Je le sais pour l’avoir vécu dans ma propre chair. Il y a quelques années, j’ai fait un burn-out au sens premier du terme, celui qui vient de l’astrophysique : une fusée qui explose parce qu’elle a consumé tout son carburant. Dans cette explosion, j’ai bien failli y laisser ma vie.

Cette expérience a été brutale. Elle a aussi été le début de tout. Le début d’un mouvement lent, exigeant, qui m’a amenée à faire mon propre 180 degrés, à observer et me réconcilier avec mon corps, à comprendre les messages que tentait de me livrer ce corps que je me refusais d’écouter.

C’est ce chemin qui m’a conduite vers la thérapie systémique, vers la formation À180 degrés avec Emmanuelle Piquet et son équipe, chez Virages à Louvain-la-Neuve pour l’hypnose.

Ce que la thérapie systémique voit là où la médecine cherche encore

La médecine classique est formidable pour diagnostiquer ce qui est visible, mesurable, quantifiable. Elle est moins bien outillée pour ce qui n’a pas encore de nom organique : la douleur sans lésion, la fatigue que les bilans ne trouvent pas, le malaise qui résiste à tous les traitements.

L’approche systémique, issue de l’école de Palo Alto telle que je la pratique, part d’un postulat différent : la personne est toujours en relation. En relation avec elle-même, avec ses proches, avec son histoire, dans les systèmes auxquels elle appartient. Et ce qui se passe dans ces relations a souvent des répercussions directes, concrètes, physiologiques, sur le corps.

Pourquoi l’hypnose change tout

C’est là qu’intervient l’hypnose, non pas comme spectacle, mais comme outil thérapeutique d’une précision remarquable, lorsqu’elle est utilisée en complément d’une démarche systémique.

La thérapie systémique permet de cartographier les dynamiques relationnelles, d’identifier les schémas répétitifs, de nommer ce qui se joue. C’est un travail rigoureux, souvent révélateur. Mais certaines choses résistent à la parole. Certaines douleurs sont enkystées si profondément qu’elles ne remontent pas par le seul canal du langage.

L’hypnose crée un état de conscience modifié, léger, comme lorsque nous conduisons notre voiture en pensant à la liste des courses. Cet état nous relie directement au corps qui peut s’exprimer sans être immédiatement censuré par la tête. Le corps se souvient. Il sait. L’hypnose lui donne la parole.

Ce que nous observons alors, et que les personnes que j’accompagne décrivent avec étonnement, c’est la capacité à rejoindre des sensations, des images, des émotions qui semblaient inaccessibles. Et depuis cet endroit-là, quelque chose peut enfin bouger.

L’hypnose ne contourne pas le travail thérapeutique. Elle l’approfondit là où la parole seule ne peut ou ne veut pas aller.

Ce que le corps dit, concrètement

Quelques signaux que je rencontre fréquemment en séance, et que le travail systémique et hypnothérapeutique permet d’explorer :

  • Des douleurs cervicales persistantes, souvent chez des personnes qui portent seules des responsabilités collectives
  • Des troubles digestifs chroniques chez des personnes en conflit de loyauté entre ce qu’elles veulent et ce qu’elles « doivent »
  • Une fatigue inexpliquée chez des personnes dont le sens s’est vidé progressivement, sans qu’elles aient pu le nommer
  • Des douleurs dorsales récurrentes chez des personnes qui se sentent, au sens propre, « sans soutien »
  • Des insomnies rebelles chez des personnes dont la tête ne « lâche » jamais, même la nuit

Ce ne sont pas des métaphores poétiques. Ce sont des observations cliniques, cohérentes avec ce que la neurobiologie nous enseigne sur le rôle du système nerveux autonome dans la somatisation.

Et si vous commenciez à écouter ce que votre corps cherche à vous dire ?

Ce travail demande du courage. Pas le courage de souffrir davantage, mais celui de regarder nos douleurs que, jusqu’ici, nous avions préféré ne pas voir. Ce que nous portons depuis trop longtemps. Ce que nous avions prévu de gérer plus tard.

Mon propre 180 degrés a commencé le jour où j’ai cessé de combattre ce que mon corps exprimait — doubles hernies discales lombaire et cervicale, capsule rétractile de l’épaule — et où j’ai commencé à l’écouter comme un messager plutôt que comme un ennemi. Ce chemin n’est pas linéaire. Il n’est pas sans heurts. Mais il est, de loin, le plus honnête que j’aie jamais emprunté.

Et si c’est votre corps qui vous a amenée à lire cet article, peut-être qu’il a déjà commencé à parler.


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Je vous accompagne en thérapie individuelle, avec une approche systémique renforcée par l’hypnose, pour décrypter ensemble ce que votre corps cherche à vous transmettre.

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Quand le corps parle : douleurs invisibles et thérapie systémique Christine Zeppenfeld

Christine Zeppenfeld